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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /Oct /2009 20:41
Par elam
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Jeudi 22 janvier 2009 4 22 /01 /Jan /2009 16:59
Par elam - Publié dans : Textes d'Ateliers
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Lundi 19 janvier 2009 1 19 /01 /Jan /2009 22:51
— Aujourd’hui je suis d’une tristesse absolue. Je me suis réveillé comme ça. Je suis, mais, gris dedans ! Tu ne peux pas savoir ! Couvert, mais couvert comme ce n’est pas possible !
— Comment ça se fait ? C’est bizarre d’être aussi teinté que ça !
— Comment ça teinté ?
— Ben oui, d’avoir une dominante, une couleur quoi, dès le réveil, pour la journée. Moi j’ai jamais eu ça. Enfin, oui, mais ça change tu vois au cours des minutes, je suis catadioptrique moi, de nature.
— C’est la première fois que j’entends ça. Catadioptrique ! C’est quoi ça ?
— Ben un catadioptre c’est une plaque réfléchissante qu’on pose sur le garde-boue des vélos. Ça assure ta sécurité dans la mesure ou ça te signale automatiquement.
— Ah oui. Ah oui. Ben ça je connais, je vois, oui très bien.
— Voilà.
— Oui, mais pourquoi tu dis que tu es catadioptrique ?
— Ben parce que je fonctionne comme ça, comme un réflecteur. Je suis de la couleur du temps.
— Oh c’est joli ça. Mais dis donc…
— Oui ?
— C’est surtout la nuit que ça marche le catadioptre ?
— C’est pas faux.
— Ben oui mais là moi je te parle du réveil, de comment je me sens au réveil, et en plein jour. Il est midi et demi je te signale.
— Bon, ben alors on reprend du début. Comment tu te sens ?
— Gris. Pluvieux. Je sens que je vais être toute la journée comme ça, dans un gris insidieux, collant, triste…
— T’es crachin quoi.
— Ah c’est exactement ça !
— Tu vois hein !
— Je vois quoi ?
— Que je te connais bien. Tu sais il y a sûrement quelque chose qui te chagrine. Crachin du matin, chagrin ! Allez on va arranger ça tu vas voir. On va trouver ce qui ne va pas. Est-ce que tu te souviens de tes rêves tiens ?
— Je ne rêves jamais.
— Ce n’est pas possible.
— Je te dis que je ne rêve pas.
— Et bien moi je te dis que c’est impossible, humainement, scientifiquement impossible. Tout le monde rêve. C’est une fonction vitale, tout comme la respiration.
— Je le sais très bien.
— Ben alors tu sais très bien que personne ne peut être privé de sommeil paradoxal et de rêves.
— Moi si.
— Oh tu es d’une mauvaise fois insupportable ! C’est scientifiquement attesté. Tout le monde rêve, chaque nuit, à plusieurs reprises.
— Je suis une exception.
— Non tu rêves, mais tu ne t’en souviens pas. A cause des tabous.
— Mais c’est tout le contraire justement !
— Tu m’expliques !
— Je ne suis pas sûr de vouloir.
— Pas étonnant. Tu ne veux pas parce que tu ne peux pas. T’es comme tout le monde. Et tu rêves. Comme tout le monde. Quand tu dors tu perds peu à peu toutes les caractéristiques d’un homme en état de veille, et principalement, celle de te tenir correctement, selon les règles de la politesse, de la bienséance, du respect des autres et de soi-même. Ta vigilance civilisatrice prend des vacances mon vieux. Ton esprit se libère du carcan de son autorité morale et se permet de tout aborder avec la plus grande liberté. C’est comme si tu te dédoublais et que ta partie sauvage caracolait sans plus aucune sangle pour brider ses élans. C’est sans doute ça qui te fait peur et que tu ne veux pas reconnaître.
— C’est absolument le contraire. La source du rêve c’est le conflit interne entre les interdits et les désirs. Moi je n’éprouve pas le besoin de rêver puisque je n’ai pas d’interdits. Mon côté sauvage j’ai su l’apprivoiser totalement.
— C’est n’importe quoi. Donc tu ne rêves jamais. Tu n’as pas lieu.
— Voilà. Jamais.
— Alors pourquoi tu serais crachin ?
— Mais ça n’a aucun rapport ! C’est toi qui supposes qu’il y en a un. Je suis crachin tout simplement par ce que je me sens gris ! Tout transi de pensées humides et sales.
— Mmm. Humides et sales… oui… Continuez…
— Je ne vois pas de divan dans cette pièce !
— Ah tu vois que tu y penses aussi, toi, qu’il peut y avoir du sens caché, révélateur.
— Non moi je rigole, je me moque de toi et de tes croyances.
— Il s’agit de savoir scientifique et non de croyance je te signale.
— Tu connais la différence entre foi et science ?
— Je suis capable de la faire, oui, mais, je t’écoute.
— La foi c’est l’illusion de savoir, la science c’est la désillusion de savoir.
— Je suis assez d’accord, oui, et alors, en quoi je serais dans l’illusion ?
— Et bien ce n’est pas moi qui parle de certitudes !
— Voilà encore de la mauvaise foi de ta part. D’abord il ne s’agit pas de certitudes mais de convictions. Et la thèse qui consiste à promouvoir le doute permanent sous prétexte d’éthique scientifique, de promouvoir l’incertitude au rang de règle d’or, permets-moi de te dire que c’est de la foutaise, un alibi pour l’irresponsabilité et l’inaction ! Mais qu’est ce que tu es en train de griffonner ? Tu ne m’écoutes même pas. J’ai l’impression que je pourrais tout aussi bien sucrer des artichauts !
— Je note la différence entre science et foi. Ce que je viens de te dire. C’est pas mal je trouve.
— Et tu comptes faire un recueil de tes pensées, c’est ça ?
— Pourquoi pas. C’est pas idiot. Attends. Je vais essayer un truc. Dis un mot, n’importe lequel, ce qui te vient à l’esprit
— Persévérance
— Persévérance. Ah. Merci. Attends. Deux secondes. Voilà. Ecoute :
Certains disent qu’on ne fait rien sans convictions. Je dirais plutôt qu’on ne fait rien sans persévérance.
— Alors là, chapeau ! Je suis vraiment impressionné !
— Merci. Je dois dire que ce n’est pas mal. Je suis assez surpris moi-même. C’est vraiment pas mal, quoi ! Et dans le contexte en plus, tu remarqueras, c’est pas mal non plus, hein ? Il n’y a pas de hasard !
— C’est bien vrai. Allez, à toi, à ton tour !
— Quoi à mon tour ?
— A ton tour de donner un mot au hasard justement. Il te le rendra. Hé ! T’as entendu, celle-là ? Elle est pas mal non plus.
— Ouais, pas mal. Bon. D’accord, un mot au hasard, heu : mélopée.
— J’en étais sûr !
— Comment ça t’en étais sûr. De quoi tu parles ?
— Mélopée et crachin. C’est la même chose, même tonalité, même ambiance ! La tristesse.
— Pas du tout. Mais alors là pas du tout. Mélopée c’est un chant oriental langoureux. C’est le contraire de la tristesse. C’est voluptueux !
— C’est un chant oriental triste. C’est une mélodie triste. C’est pas humide et gris, mais c’est triste. C’est du crachin oriental.
— Pour toi peut-être, mais pas pour moi !
— C’est quand même toi qui a sorti au hasard mélopée, c’est pas moi !
— Et c’est toi qui a sorti que j’étais crachin, pas moi.
— Ah, ça c’est vrai, je dois dire que là, crachin, c’est moi effectivement, et mélopée c’est toi. Donc, tu serais plutôt mélopée que crachin, en fait.
— Comment ça ?
— Ben oui, ta tristesse est du genre mélopée, pas du genre crachin. Je m’étais juste un tout petit peu trompé de région. C’est tout.
— Tu veux que je te dise ?
— Oui, je t’en prie.
— T’es aussi faux-cul qu’un catadioptre.
Par elam - Publié dans : Textes d'Ateliers
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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 /10 /Oct /2007 19:29
soigneur.jpg
Par elam
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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 /10 /Oct /2007 19:21
Texte composé pour le thème 26 de l'atelier Imaginair, "Equilibre".

Les coups portaient dans ses gants, ses bras et ses épaules. Le type cognait comme une machine. Derrière sa garde Ben attendait le bon moment. Les séries ont toujours une fin !
— Tout de suite Ben ! A la sortie !
Son coach avait anticipé au quart de seconde près. Ben plongea sur le côté gauche de son adversaire, esquivant un crochet incertain, et se redressa en décochant un uppercut, pas méchant, peu armé, mais suffisamment pour rendre le type moins confiant ! Tout en continuant de se dégager Ben enchaîna un crochet gauche au foie et un swing du droit, bien large, là encore dépourvu de punch, arrivant en bout de course sur la mâchoire du gars, mais donnant la mesure de ses capacités à répliquer. Son public l’applaudit.
— Voilà ! Très bien ! Tourne. Reste au centre. Tourne !
Son coach l’engageait à aller sur son meilleur terrain. L’Irlandais était un cogneur, un fonceur, mais il n’était pas à l’aise dans les évolutions au milieu du ring. Il cherchait à piéger Ben dans un coin pour lui faire sa fête. C’était là toute sa stratégie. Ben, au contraire, était un danseur, un styliste, adroit et vif, il pouvait varier ses attaques. Seulement il manquait de puissance, cela était certain, et il n’était pas au meilleur de sa forme physique. Il sentait ses muscles se durcir peu à peu sous l’effort.
L’Irlandais pivotait lourdement au centre de la piste, piétinait, le buste en avant, poussant Ben au corps à corps pour ensuite pouvoir l’entraîner dans les cordes.
Le gong retentit. Fin du huitième round. La rencontre se déroulait en douze reprises.
A ce moment exact Ben était mené de deux ou trois points sur les fiches des trois arbitres. L’Irlandais l’avait touché deux fois durement, en crochet droit, son arme favorite. Ben connaissait ce point fort et savait que la seule façon de ne pas s’y exposer était de tourner sur son côté gauche. Mais le type était expérimenté et marchait en crabe pour lui barrer peu à peu la route et le contraindre au choc frontal.
Le coach savait que Ben savait, et pendant la courte pause il s’employa surtout à encourager et féliciter son boxeur. Tout en parlant il lui passa une poche de glace sur les épaules, puis lui pommada les arcades.
— Très bien. Continue comme ça. Te laisse pas enfermer. Ne te bats pas. C’est bien. Mais attention Ben, maintenant il faut que tu marques des points. Tiens-le à distance avec ta droite et rentre lui un maximum de directs.
Le gong retentit. La foule hurla d’excitation en voyant l’Irlandais foncer comme un bolide sur son adversaire.
— Ce neuvième round sera décisif ! Le « taureau de Dublin » vient de montrer qu’il compte en finir au plus vite et semble vouloir mettre les bouchées doubles…
Au pied du ring la presse lançait ses images et ses commentaires dramatisés à l’excès. Juste derrière les journalistes, au deuxième rang des gradins, le père de Ben était blanc comme un linge. A ses côtés une jeune femme, complètement paralysée par l’angoisse, sentait son corps se couvrir de sueur, son cœur cesser de battre pour soudain reprendre de plus belle. C’était la future femme de Ben. Autour de ces deux-là la foule criait, huait, sifflait, applaudissait. Eux ne percevaient qu’un vague brouhaha, comme si la salle avait été bourrée de coton hydrophile. Ils n’entendaient que leur propre respiration, coordonnée aux épreuves que subissait Ben. Ils n’étaient plus que des extensions impuissantes de son corps, des membres soumis au terrible supplice de ne rien pouvoir faire pour défendre et protéger leur tronc commun.
Pendant trois rounds Ben esquiva les unes après les autres les charges de l’Irlandais. Il dansa. Il toréa. Patiemment, judicieusement, il perça la garde haute de son adversaire pour percuter régulièrement, avec des directs secs, son arcade droite qui se tuméfiait, l’obligeant ainsi à se protéger toujours plus, à renoncer peu à peu à sa stratégie basique de fonceur.
Pendant la dernière pause, le coach hésita. Il savait que Ben avait refait son handicap. Il se pouvait même qu’il devance l’Irlandais aux points, si le penchant des arbitres pour l’élégance du geste était franc et massif ! Il savait aussi qu’il disposait du pouvoir de galvaniser son boxeur pour lui donner l’énergie de se tailler une victoire nette. Mais le pousser sur cette voie n’était pas sans risques : l’autre avait de la bouteille, il avait ralenti son rythme, il était facile de comprendre qu’il s’était économisé et attendait la dernière reprise pour placer un contre, dès que l’occasion se présenterait. Et Ben était très éprouvé.
Le coach se redressa et scruta les gradins. Il vit le visage exsangue du père, le regard éperdu de la jeune femme. Il pesa le pour et le contre et prit sa décision :
— Tu as gagné Ben. Ne te bats pas. Tiens-le juste à distance.
Par elam - Publié dans : Textes d'Ateliers
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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 /09 /Sep /2007 14:02
lesignespassion.jpg
Par elam
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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 /09 /Sep /2007 01:28
Il dit
merci
pour le fil
pour l'élan
le bel âne bleu qui va l’amble
il remercie la faune et la fable
l’ému qui fabule
et jamais ne blâme l’aube de l’an
il dit merci pour le nem fumé
le mafé de mule qui fume
le flan de fane
et le baume d’alun
qui ôte l’embu de fuel
et chasse Ubu du bal
il dit merci
pour la lune
ce mufle de feu
aune de tout lumen
qui éclaire la nue
il prie
pour Abel
pour Manuel
pour le mal
pour le mâle nu pour le fun
pour le beauf
et pour son âme
qui flambe
Amen
Par elam - Publié dans : Les Vandales
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 13:39
Un mal pour un bien !
Un naufrage
et son rêve se réalise :
seul enfin
sur son île.
Il parmi les îles…
Lui, élu, libre
libéré de leurs
Qui ?
Que ?
Quel ?
De leurs
RIB
De leurs
Q.I.
De leurs
rues
pétaradantes de brêles
de leurs chants de Bruel.
Enfin île !
Enfin Brel !
Sans élue
sans brue
sans lire
sans bière.
Libéré de tout :
Sans relique
relié au bleu seul
loin de toute Brie,
bel et nu
sous le luire astral
qui brûle le liber.
Libre.
Mais le bel équilibre
quand rebique
ce qui rebique !
Qui ?
Que ?
Quel ?
Chevaucher même une brêle !
Zéro de Q.I. !
Une bête !
Vite
élire une bique lubriq !

Par elam - Publié dans : Les Vandales
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Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /Sep /2007 23:17
3ombresjaponaises.jpg
Par elam
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Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /Sep /2007 14:22
  wcalandre.jpg
Par elam - Publié dans : Les Amorces
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